L’embrasement des banlieues s’explique avant tout par l’échec de notre modèle d’intégration. En dépit des efforts déployés par les gouvernements successifs et les élus locaux, il faut avoir le courage de dire que si certains n'ont pas fait tous les efforts pour trouver leur place dans la société, les Français n’ont pas fait non plus leur part du chemin. Ils sont coresponsables du rejet d’une génération de jeunes.
À qui la faute ? La question vaut d’être posée si l’on veut sortir de la crise et éviter d’y replonger. Trop facile par exemple de croire qu’en quelques mots Nicolas SARKOZY aurait réussi à transformer un monde sans histoire en théâtre de guerre civile. Trop facile aussi de rejeter la faute soit sur la gauche, soit sur la droite. Les responsabilités, s’il y en a, sont largement partagées. Et c’est sur la question des responsabilités que nous ne devrions pas nous tromper.
Réduire les causes de l’embrasement des banlieues à un seul manque de moyens et à un soi-disant abandon des lieux par les politiques serait à la fois une erreur et une injustice. Depuis vingt-cinq ans, la collectivité a massivement investi en moyens financiers et humains dans les quartiers dits sensibles. Tous les élus locaux se sont personnellement investis, sans proportion avec ce qu’ils ont fait pour les autres populations de leurs territoires. Tous les efforts déployés pour améliorer le cadre de vie et l’éducation se sont heurtés en fait au mur de l’intégration dans la société française.
Les innacceptables déviances comportementales d'une frange minoritaire de nos balieues et le rejet de la différence et de la diversité de la part d'une partie de la population française ont lentement creusé le fossé et permis l'éréction de ce mur. Certes, les politiques n'ont pas su en empêcher la construction. Cependant, la collectivité, donc les Français eux-mêmes, portent aussi une part importante dans cette responsabilité. Ceux à qui Dominique de VILLEPIN donne des gages de fermeté sur TF1, gardant pour l’Assemblée nationale et France 3, le détail du volet social de son plan. Ceux à qui le Premier ministre n’a pas le courage de dire qu’ils sont coresponsables du rejet d’une génération de jeunes.
Difficile par les temps qui courent de prôner l’intégration. Et pourtant, au-delà des nécessaires, incontournables et urgentes mesures de retour à l’ordre, l'intégration est bien la seule voie qui vaille, la seule voie d’avenir et la moins coûteuse pour la collectivité à l’image de tous les pays qui ont réglé ce type de problème. En d’autres époques, on osait même prétendre que la diversité née de l’immigration pouvait être un atout.
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